Aide suisse pour la mère et l'enfant (ASME)

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Demandes d'aide en 2013

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33 raisons d'avoir un enfant

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Tim vit – malgré un avortement tardif dans la 25ème semaine!

La famille d’accueil: «Tim nous apporte tant de joie de vivre»


Quand, à Noël 1997, Simone et Bernhard Guido allèrent à l’hôpital rendre visite pour la première fois à Tim, lourdement handicapé, ils eurent le coup de foudre pour lui.

Tim devait être victime d'un avortement, parce que sa mère ne voulait pas l’avoir, après que fut diagnostiqué le syndrome de Down (trisomie 21). Ceci en 1997. Les médecins provoquèrent un accouchement artificiel, en escomptant que Tim viendrait au monde mort-né ou mourrait peu après. Mais Tim survécut. Aujourd’hui il est âgé de 14 ans et vit avec sa famille d’accueil à Quakenbrück, en Allemagne.

À sa naissance, le 5 juillet 1997, Tim ne mesurait que 32 cm et ne pesait que 690 grammes. Il fut laissé seul, neuf heures durant, sans soins – enveloppé dans un linge; on espérait qu’il mourût. Mais Tim lutta, et il vécut. Dans l’intervalle, sa température était descendue à 28 degrés. Après neuf heures d’une douloureuse lutte pour la vie, le personnel de la clinique, en proie à d’amers remords de conscience, lui vint en aide … enfin!

L’avortement et la sous-alimentation de ces premières heures provoquèrent chez Tim de graves altérations physiques. Dans les premiers mois de sa vie, toute infection aurait pu lui être fatale. Le système respiratoire n’était pas formé correctement, et Tim présentait plus d’une douzaine de lésions. Ses parents biologiques ne voulurent plus entendre parler de lui. Avec Simone et Bernhard Guido, il en fut tout autrement.

Prise en charge dans une famille d’accueil

Monsieur et madame Guido avaient alors deux fils en bonne santé, Marco et Pablo, et souhaitaient s’occuper d’un autre enfant. De manière inespérée, Tim leur fut proposé. «Quand nous fîmes sa connaissance à l’hôpital, ce le coup de foudre», dit Bernhard Guido. Au printemps 1998, c’est avec affection qu’ils prirent en charge Tim. Depuis, l’enfant a vécu des moments merveilleux dans lesquels il a pu rire, être insouciant et heureux. Mais il y a aussi des heures difficiles où il faut que les parents d’accueil s’investissent beaucoup.

Tim ne veut pas encore s’alimenter; il est nourri par une sonde. Longtemps, il n’a pu ni marcher, ni parler. Aujourd’hui, il peut au moins prononcer quelques mots. Grâce à la delphinothérapie (thérapie assistée par les dauphins), par laquelle des vibrations stimulent les fonctions sensorielles, la respiration et les muscles, on favorise le développement de Tim.

«Vous est-il jamais arrivé de regretter d’avoir pris en charge Tim?», demande-t-on quelquefois aux Guido. «Non, pas une seule seconde», dit Bernhard Guido. «Et d’où vient cet engagement?», voulut savoir l’ASME lors d’un entretien téléphonique. «Nous avons tant reçu de la vie, nous avons deux fils en bonne santé. On ne peut pas seulement prendre, il faudrait aussi donner. Nous sommes très heureux de notre vie, avec nos enfants. Et puis, ma femme et moi formons une équipe harmonieuse – et donc, ça marche.» Mais il y a plus: en 2004, la petite Melissa, 4 ans, atteinte elle aussi du syndrome de Down, fut accueillie dans la famille Guido. Ainsi, Tim a eu une petite sœur!

Le médecin avorteur et les parents biologiques anéantis

Le jeune médecin qui, en 1997, procéda à l’avortement de Tim, a depuis changé d’hôpital. «Un avortement? plus jamais ça!», dit-il publiquement. La mère biologique de Tim, qui, peu après l’accouchement, a été placée en clinique psychiatrique, était allée voir une fois son enfant, mais elle n’avait pu le regarder. Cette femme mourut en 2004 d’une embolie pulmonaire. Alors, le contact entre le père de Tim et son fils cessa lui aussi totalement.

Y a-t-il un droit à avoir un enfant sain?

Le week-end du 16 au 18 septembre, le peuple de la Principauté du Liechtenstein s’est exprimé à 52.3% contre l’introduction de la solution des délais. Ce n’était cependant pas la dépénalisation de l’avortement dans les douze premières semaines qui était au centre des débats, mais la règle rendant possibles les avortements jusqu’au moment de l’accouchement, s’il y avait un risque sérieux que l’enfant soit lourdement handicapé du point de vue mental ou physique. Ce qui, heureusement, n’a pas été permis au Liechtenstein, est hélas possible chez nous ainsi que chez nos voisins frontaliers …

Si, aujourd’hui, la pratique consistant à avorter un enfant sain à naître est déjà un droit socialement reconnu, c’est d’autant plus l’enfant malade qui en est victime. L’opinion selon laquelle on aurait droit à un enfant sain est hélas largement répandue. Mais l’enfant n’est pas un article de catalogue du commerce, article qu’en cas de non-satisfaction, on peut renvoyer, et en cas de défaut, tuer. Quel sentiment auront des êtres handicapés dans un Etat favorisant officiellement la pratique consistant à détecter et anéantir les handicapés dès le sein maternel? Le centre des débats concernant l’avortement tardif n’est pas la question de savoir si l’enfant est «sain ou malade», mais la perte, de plus en plus nette, de la notion selon laquelle tout être humain est unique et mérite protection depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle.